« Suis-je présent à ma vie? »

Quand ai-je vécu?
Si la vie c’est de vivre chaque instant dans toute sa plénitude,
Ne pas le faire n’est-ce pas être à moitié mort?
Quand vit-on?
Est-il possible de s’arrêter de vivre?
Un obstacle se lève, le ciel s’ouvre un instant et les nuages reviennent.
Quand me suis-je arrêté de vivre?
Ai-je vraiment commencé à vivre un jour?

Je ne me rappelle plus mon dernier jour de bonheur. Ma vie semble marquée par la peur et la distance depuis toujours. Comme si la peur était une part de moi. Même les jours de plaisir, d’insouciance, le voile gris n’était pas loin. Enfant, j’étais seul. Adolescent, j’ai quitté le navire social. Aller dans les endroits plein de monde, plein de gens bruyants et inconscients, pas pour moi. J’ai préféré mon univers intérieur.
Un jour, une personne m’a vu comme un oiseau, avec de belles couleurs et des chaînes me retenant au sol. Les années passent, peu de choses se passe. Les amis s’en vont, ou je les quitte. Comme si mon destin était de rester seul. Comme si mon chemin de vie est d’avancer seul. Peut-être la Vie a-t-elle un plan pour moi qui inclut que je sois seul. Que je ne goûte pas aux joies de la vie. Le temps passe et j’oublie ce que je dois faire, qui je suis, comment m’envoler.
Je vois les autres faire, être, vivre. En les voyant, je me dis que ça aussi je sais faire. Ça aussi je peux faire, c’est facile. Mais je ne fais rien. Je commence, j’arrête, je laisse. Je change d’idée, je me perds, je m’endors. L’adage dit: « Nul n’est plus aveugle que celui qui ne veut voir ». Pour moi c’est: « Nul n’est moins vivant que celui qui ne veut pas vivre. »
Je croise le regard de gens perdus, de gens malades, des désespérés de la vie. Ils traînent leur lourdeur comme les bagnards leur boulet. Je sais que je suis comme eux. Je traîne mon boulet.
Une chanson de Genesis se nomme « La Chambre aux Mille Portes ». Je suis dans cette chambre. Il y a mille portes autour de moi. Chacune débouche sur un univers entier. Je reste là, sans bouger. Ne sachant comment lever le pied pour faire un pas. Je sais que si je reste immobile, jamais je n’atteindrait une de ces portes. La raison n’est pas loi ici. Les chaînes semblent me poursuivre sans cesse. Elle me rattrapent dès que je fais mine de me libérer d’elles. Elles sont à l’intérieur, c’est sûr. Le savoir n’aide en rien. Chercher en soi est toujours plus dur.

L’enfer est blanc. L’enfer est vide.
L’enfer est une folie qui met bas sa propre folie.

Je ne veux pas mourir.
Je ne peux vivre.
L’immobilité est une lente désespérance qui se nourrit de son propre malheur.

Il y a-t-il quelqu’un?

Edward Hitten, le 15 juillet 2011

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