Salut les gens.

Dans la vidéo ci-dessous, en angliche, une excellente observation au sujet du photoréalisme dans les films d’animations actuels.

Le visuel, la technologie qui l’a produite, spectaculairement réaliste au premier coup d’œil, imitant quasi parfaitement la vie, devient sans vie.

La technologie imitant la vie, devient sans vie

Une voix humaine contenant des tons subtils et par définition, humains, est juxtaposée sur des images d’animaux hyperréalistes qui parlent, ce qui n’est pas réel.
Cela crée un décalage qui casse littéralement la magie par rapport à un film d’animation stylisé qui n’essaie pas de ressembler au détail près à la réalité.

Pour qu’une histoire fonctionne au cinéma, nous devons suspendre notre incrédulité (suspension of disbelief) pour « entrer » dedans. Ici, on nous demande de le faire tout en nous montrant une imitation parfaite de la réalité. Cela crée une tention désagréable qui nous empêche tout processus de suspention de crédulité. Du coup, on ne ressent rien.

Si on pousse plus loin la réflexion, cette tendance à vouloir imiter, voire dépasser le réel est le fruit d’une idéologie mûe par l’ego qui veut tout maîtriser et qui refuse que la Vie (qui fait que nous sommes vivants) est régie par des lois qui sont HORS DE NOTRE CONTRÔLE.
Refuser d’en tenir compte, c’est fuir cette vie qui nous maintient en vie, c’est refuser ses règles.

Cette idéologie se manifeste sous de multiples facettes: l’industrie et la médecine qui créent des tissus, des organismes vivants, fécondation et gestation artificielle, la robotique, la synthétisation de la musique et des voix, l’informatisation de tous les métiers. Ce qui est humain, ce qui FAIT l’humain est petit à petit repoussé dans les coins jusqu’à ce que nous vivions dans un monde sans vie mais avec des succédanés, des ersatz, des produits de substitut de vie à profusion. Des humains sans vie submergés de fausse-vie.

Si on veut donner vie à notre imaginaire, on doit cesser de vouloir lui coller les traits du réalisme. On peut, comme a très bien su le faire Pixar, avant qu’ils ne se fassent bouffer par le vampire Disney, mixer personnage stylisés, animaux anthropomorphes et couleurs et lumière réalistes. Ou laisser libre-cours à notre créativité et s’autoriser les grands délires visuels qui sont trop rares au cinéma.

Publicités