Quoi? Comment? Des guitares et une batterie est nommée « Musique de Dieu »?! Et si mesdames messieurs, il fut un temps où elle était la musique du Diable mais il faut écouter avec de meilleures oreilles et l’âme sait nous dire quand nous sommes face au travail de (ce que l’on nomme) Dieu. Bonne lecture.

Salut les gens.

Je viens de voir le documentaire sur la dernière et ultime tournée du groupe canadien mythique: Rush.
Après 40 années de métier, sans être passés par la case du star system, ces trois gaillards qui ont développé avec les ans et le travail une culte grandissant, ont influencé des centaines de musiciens et leurs fans se comptent par millions. Leurs ventes se placent juste derrière les Rolling Stones et les Beatles. Pas aussi connus que Led Zeppelin mais ils ont une réputation sans failles. Juste trois gars qui font leur travail honnêtement, sérieusement sans se prendre au sérieux. Les trois sont cités parmis les meilleurs dans leurs disciplines respectives.
Ils font partie des gens qui nous inspirent, dont simultanément, la proximité et le parcours de vie hors du commun nous fait rêver et nous fait sentir plus vivants.

Geddy Lee est le bassiste-chanteur, Alex Lifeson le guitariste et Neil Peart le batteur de génie sont des types simples et honnêtes et ils sont su le rester toute leur carrière. L’amitié qui les lie n’a pas changé d’un pouce.
Leur histoire a été très bien racontée dans un autre documentaire « Rush, Behind The Lighted Stage ». A voir pour tout fan de musique.

A chaque fois que je vois leur performance sur scène, moi qui n’aime pas toute leur discographie, je réalise que j’adore voir ces mecs jouer, même quand ils interprètent un morceau que je n’écouterais pas sur disque. Oui car il existe encore des mélomanes qui écoutent des CD figurez-vous.
rush_power_windowsLeur album le plus « soft » niveau son est aussi le plus décrié par les fans purs et durs de leur période hard mais est celui que je préfère: « Power Windows ». C’est un de ces albums où chaque morceau a sa personalité, chaque morceau est unique et inventif, a son message et le final, « Mystic Rythms » est un chef-d’œuvre de la musique moderne. Ils ont combiné de manière parfaite à mes oreilles les claviers et la guitare électrique. C’est autant rythmé qu’atmosphérique et c’est sublime.

Cet album fait partie des quelques-uns qui élèvent le rock au niveau de la grande musique, et c’est beaucoup dire car il faut être honnête: le rock ne vole pas toujours très haut avec ses tempo en 4/4 tac-boum tac-boum. Les rockeurs vont hurler mais c’est dans leur nature…
Quand on connaît un peu le jazz ou le classique et qu’on est un tant soit peu objectif, on sait que le rock manque cruellement de finesse et de complexité. Pas celle qui ne parle qu’aux « gens biens », celle qui nous fait sentir que la musique a été travaillée et fignolée comme on passe quinze couches de vernis sur un beau meuble fabriqué à la main.
Dans le style rock trop souvent binaire tac-boum, il est possible d’y insérer le génie qui est à l’œuvre dans le classique, mais avec forcément d’autres outils.
Ici il y a une somme de richesse sonore qui se cache derrière des arrangements qui n’en ont pas l’air, sans qu’elle soit envahissante ou élitiste, de l’inspiration, des montées d’intensité savamment amenées et le sentiment que cette musique est faite pour moi. La magie de la musique est là certainement. Cela touche quelque-chose en nous qu’elle seule arrive à faire, de façon immédiate et permanente.

Dans ma discographie de chevet, il y a quelques albums qui à chaque écoute me redonne l’énergie de mes vingt ans, dont chaque seconde de chaque morceau est parfait à mes oreilles, dont chaque morceau est une aventure, une histoire entière qui sert l’ensemble. Sans ordre précis et dans le voisinage musical de Rush, voici les albums avec qui vous pouvez me laisser sur une île déserte:

« Synchronicity » de The Police,
« Liverpool » de Frankie Goes To Hollywood
« 90125 » de Yes
« A Fine Day To Exit » de Anathema
« Imaginos » de Blue Öyster Club
« Images And Words » de Dream Theater
« Clutching At Straws » de Marillion
« Heads Or Tails » de Saga
Et il y a « Power Windows » de Rush.

« Power Windows »

Mon histoire avec cet album: le jour où j’ai vu sa pochette chez City Disc, un soir après les cours professionnels à Lausanne en bas du Petit-Chêne juste avant de prendre le train retour chez moi, j’ai eu envie de l’écouter sans que je ne sache rien du groupe. Je l’ai acheté et de retour chez moi, une chose étrange: je n’aimais plus. Sans autre pensée ou regret de l’avoir acheté, je l’ai réduit et peut-être un ou deux ans après, je l’ai remis dans le lecteur CD et là la magie a opéré. J’ai réalisé que je n’étais pas prêt alors d’aimer cette musique, peut-être un peu trop subtile pour mes oreilles d’alors. Depuis, chaque écoute m’a fait réaliser à quel point je l’adore. Et cela n’a jamais changé.

Autre exemple: le son de l’album de Saga cité plus haut me ramène immédiatement à mes seize ans, quand nous nous balladions un pote et moi tard le week-end d’été en écoutant de la musique avec nos baladeurs à cassette. « Power Windows » n’est pas lié aussi fortement à une époque mais possède certainement une clef qui entre directement dans mon âme.
Chapeau les mecs.

La musique existe pour nous rappeler que nous sommes essentiellement des êtres faits d’énergie.
La musique nous fait ressentir ce qu’il y a de plus proche de l’amour.

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