Le marketing et les belles idées

Posted on 24 mars 2016

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Salut les gens.

Le marketing et les belles idées, ou les questions à la con. Je viens de répondre à un questionnaire prévu pour paraître dans le journal d’une association dont je fais partie et dont je tairais le nom.
Le sujet est: l’égalité. J’ai dit ouch, ça sent l’exercice sociologique pondu par un ou une stagière qui prend un sujet dont les médias nous abreuvent et doit en faire un article. Après une petite recherche, la personne qui me contacte est issue du marketing et de la communication. Ah voilà qui explique bien des choses. Le marketing sert à vendre du vent avec de jolies idées. Pas étonnant qu’elle ne voie pas plus loin que les concepts creux et les généralités sans application pratique.

Voici mon email en réponse. La personne qui va me lire va peut-être me prendre pour un gros emmerdeur de macho, wouaf!


Pas de bol, vous êtes tombée sur un cas particulier, mais je ne mord pas.

Après un petit temps de réflexion, j’ai pondu quelques lignes mais je ne suis pas sûr que cela aille dans le sens de votre projet…
Ces questions me semblent faites pour brasser des idées et se faire plaisir en affirmant de belles paroles. Je ne vois pas ce que cela apporte concrètement à qui que ce soit. A part remplir de l’espace dans un papier.
Suivant où on place les points de références, on peut voir de l’inégalité ou pas. Tout ceci est donc très subjectif.

Questionnaire:

Quel est votre nom?
– – –

Quel est votre rôle dans […]?
– Globalement le même que les autres bénévoles. Mes compétences manuelles plutôt masculines m’amènent à effectuer des travaux pour lesquels les femmes ne demandent pas d’égalité. Ce qui j’avoue est plutôt rigolo à écrire.

Lorsque j’utilise le mot “genre” à quoi vous pensez?
– A rien.
(Comment répondre sinon en reprenant les idées des autres? Cette question ne permet pas de s’exprimer, juste de répéter une idée répandue. C’est inutile et dangereux.)

Comment vivez-vous la question de l’égalité hommes femmes au quotidien ?
– Je ne la vis pas, car être un homme face à une femme ou un autre homme ne change pas grand chose concrètement.
(C’est de l’égalité en pratique qui n’a pas besoin de se montrer pour exister.)

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur la question de l’égalité hommes femmes?
– Pas d’anecdote, mais une constatation que certaines femmes qui occupent des postes à responsabilité semblent croire qu’elles doivent être très dures avec elles-mêmes et les autres pour être respectées. Elles sont parfois bien plus sévères que les hommes, ce qui est une vraie violence. La femme peut exister en tant que femme sans endosser une caractéristique masculine.

Pour vous, quel est le lien entre commerce équitable et condition de la femme?
– La femme a sans doute dans ses gênes plus de bon sens, étant la mère qui donne la vie. Par sa nature, elle sait donner l’essentiel avec constance. Ce qui me semble correspondre à l’esprit de ce qui est équitable. J’ai retiré le mot « commerce » volontairement.

Le slogan de notre nouvelle campagne est: Avec […], donnez 100% de chances aux femmes, est-ce que la prise de conscience que votre travail améliore la condition de la femme dans le monde est importante pour vous?
– C’est un des éléments qui donnent de la valeur à cette activité. Femme ou homme, l’équité améliore tout.

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Si vous voulez du brassage d’idées, en voilà:

– Le mot « égalité » est une idée qui empêche de se faire une image juste de la réalité.
Egalité entre quoi et quoi?
Il y a peut-être une seule chose qui soit égal: la valeur de la contribution de chacun dans la société. Tout le reste est dû à des raisons concrètes plus ou moins prévalentes qui souvent tordent le coup à l’idée d’égalité. Pour moi le mot égalité ne fait pas grand sens.

– S’il existe une inégalité, ce n’est pas en théorisant ou en donnant des impressions personnelles que cela va changer. C’est aux femmes à apprendre à reconnaître leur valeur et à les mettre en pratique. Agir et ne pas perdre du temps à discuter.
Un jour, une femme Afro-Américaine a pris le bus, alors que la société l’interdisait. Elle n’a pas brandi une pancarte, elle a juste pris le bus.

– La mode est de lancer des grands mots et grandes valeurs morales en l’air, comme pour entretenir des injustices en croyant les combattre. Plus on parle d’une chose, plus on la maintient en vie. On peut même croire qu’une chose existe à force d’en entendre parler.

– Certains courants d’idées veulent balayer toute différence entre les genres sous prétexte d’égalité. C’est une erreur de vue et un manque de discernement gravissime. On ne change pas la biologie pour qu’elle se conforme à une croyance collective.

– On attribue une valeur spéciale au monde du travail qui ne se justifie que par la nature de la société de consommation. Pas en regard des conditions basiques de notre survie. Vouloir amener la femme au même rang que l’homme dans cette société du commerce, c’est l’assimiler à ce jeu inhumain qui détruit la planéte et crée les conflits. L’égalité et l’émancipation des femmes les a amené à entrer dans ce système brutal où tout est concurrence. Un système qui dénigre les métiers les plus importants comme l’agriculture, les métiers de construction. Système contre lequel le commerce équitable se bat.
Une femme « qui réussit » est une femme qui fait plus qu’un homme (car malgré tout elle ressent l’appel de la maternité) et est payée moins que lui. Alors que l’essentiel dans toute société se trouve dans ce qui était les tâches dévolues aux femmes.
Où certains voient de l’injustice, il y avait probablement un ordre naturel. Le monde libéral refuse de ne pas décider ce qui est juste ou pas. Voilà pourquoi il s’attaque à tout ce qui est hors de son contrôle. Autant dire que le libéralisme se bat contre la vie elle-même.

– Ce problème d’égalité est éclairé à la seule lumière de la société libérale. Il fut un temps où la femme ne payait pas d’impôt, ne recevait pas de salaire mais était la maîtresse de maison. Elle était responsable de la tenue de la maison, de la nourriture, des récoltes et des enfants.
Sans ces tâches, l’humanité ne serait plus. Que vaut le travail d’un homme qui va vendre des assurances ou fabriquer de la nourriture synthétique à côté de ça? Pas grand chose en réalité.

– Le commerce équitable, s’il veut en être un, doit juste laisser faire le bons sens qui en chacun de nous, ainsi ce sont les hommes qui reviendront à l’essentiel.