« Spotlight » Oscar du film anticatho

Posted on 12 mars 2016

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Salut les gens.

Je viens de voir Spothlight, qui a remporté l’Oscar 2016 du meilleur film.

Extrémisme anticatholique

Aïe, après le très beau mais très vide The Revenant, encore un film oscarisé surévalué. L’impression que j’ai eu en voyant la bande-annonce se confirme à la vision du film. C’est un procès à charge contre la religion catholique. Pas seulement contre des prêtres qui ont fauté dans la ville de Boston (lieu des faits), mais contre tout ce qui est catho de loin ou de près. C’est abject et unilatéral. Aucune nuance dans le propos, pas de pondération.  Les prêtres, les paroissiens, les avocats qui les défendent sont tous des affreux.
Précision: je ne suis pas catholique. J’ai fait mon acte d’aposthasie il y a des années. Mais je sais faire la différence entre les rituels, la foi, les conditions imposées par une doctrine, les conditions humaines individuelles. Ce film ne fait aucune distinction. Il charge bille en tête mais sans en avoir l’air car aucun effet n’est réellement puissant. A part la tirade offerte par Ruffalo vers la fin du film.

Pire, il est dit texto: « Ils contrôlent tout ». Mais le film ne montre aucun acte concret qui va dans ce sens. Aucune menace visible, aucune menace qui pèse sur les journalistes qui enquêtent. Cette réplique est plutôt étrange, car il me semble que le catholicisme est mal en point depuis quelques décennies.
De plus, il se dit dans le milieu d’Hollywood que c’est une autre communauté (qu’il ne faut pas nommer sous peine de recevoir des coups) qui est bien plus représentée que les autres et qui abeaucoup d’influence. La réçente polémique des Oscar so white (Les Oscars si blancs) cache peut-être une autre réalité qui refuse de se faire connaître au grand jour.

ruffalo-111111← Mark Ruffalo, un génie discret qui a la trempe d’un Tom Hanks ou d’une Meryl Streep

Le fait que ce film ait reçu l’Oscar pour un meilleur film est une grosse blague. L’histoire est ennuyueuse au possible et suit la ligne standard de tout film d’enquête mais sans  que le spectateur se sente impliqué. Les révélations n’en sont pas et tombent juste au moment avant que l’on s’endorme. Il y a eu des abus sur mineurs dans le milieu de l’Eglise, Oh horreur, il y en a eu plus d’un, non, au moins treize, etc.
Le seul élément qui mérite d’être salué est Mark Ruffalo qui excelle dans tout ce qu’il joue. Pas d’oscar pour le meilleur nominé de l’année.
Dans le même registre et aussi nominé en 2016, autant voir The Big Short, infiniment supérieur même si lui aussi cache des ambiguïtés discrètes. Par exemple en montrant un personnage (joué par Brad Pitt qui aime bien incarner la bonne parole dans ses films comme dans 12 Years A Slave) qui aide des jeunes à se faire du fric sur le dos des gens simples qui se font virer de chez eux, pour ensuite les sermoner comme de sales gamins. Heu mais Brad, c’est toi qui les as aidés tu te souviens? Quand on apprend à débusquer la double-pensée, on en trouve régulièrement ces derniers temps.

Le petit détail piquant (qui n’est peut-être pas un détail) est que le personnage qui amorce l’investigation est un directeur de publication appartenant à la communauté évoquée plus haut, venant d’une autre journal de Miami (après être passé par d’autres grands journaux du pays). Joué par un comédien de ladite communauté. Dans la plupart du temps il n’y a pas lieu de s’occuper de la confession des comédiens d’un film, mais avec ce sujet-ci, c’est justifié. Le profil de ce personnage correspond au prédateur cosmopolite (qui se réclame de la communauté mais qui contre-attaque par le chantage à l’anticommunauté si on signale ses faits) qui tente de faire tomber des valeurs ancestrales utilisant le prétexte de dénoncer une injustice. Cela est la copie conforme de ce que dénoncent certains commentateurs qui pointent du doigt les magouilles politico-financières de notre temps. Peut-être que ce parallèle n’a pas lieu d’être mais je me demande pourquoi ce détail est signalé par deux fois dans le film. En plus, c’est ce personnage qui balance le joli discours moral vers la fin du film.

Le fait que certains milieux catholiques saluent le film n’est peut-être qu’une manière stratégique de se défendre sans passer pour le grand méchant. Attaquer le film serait automatiquement mal vu.

18465546Le soir en rentrant j’ai revu Les hommes du président (All President Men) de Alan J. Pakula. avec Robert Redford et Dustin Hoffman.
Comparer ces deux films (le point commun est le genre) comme cela a été fait est absurde. La différence de qualité est abyssale. Dans ce film, l’investigation arrive avec les faits que deux journalistes qui ne partagent pas les mêmes convictions politiques, trouvent suspects. Ce film est de la même facture sobre et réaliste mais les dialogues et le contenu est infiniment plus complexe et ne prend pas son public pour un imbécile (voir les multiples noms et pistes qui demandent d’être bien réveillé pour ne pas perdre le fil). La photographie du film est réaliste mais très soignée. Chaque plan colle à l’intention de la scène. Voir le plan final: un long zoom avant sur les deux collèguent qui tapent sur leur machine à écrire, pendant qu’en premier plan, le poste de télévision diffuse des images de la réélection de Nixon.