Le respect des uns et des autres

Posted on 16 janvier 2015

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Salut les gens.
Comme me l’a dit une amie une fois, rien n’est grave, la Vie suit son court.

Malgré tout, petit commentaire sur l’actualité. La sainte liberté d’expression est à mal paraît-il. Encore une fois, l’Islam et le Prophète ont été visés par des dessins vulgaires, peu drôles et dignes de sales gamins de 6 ans.

Questions:

– Est-ce difficile de respecter la sensibilité d’autrui? N’est-ce pas une des bases pour garantir une bonne vie en société?

– Qu’y a-t-il de drôle en caricaturant de façon si vulgaire?

– En quoi le fait que le Prophète soit un symbole fort pour les Musulmans nous concerne-t-il?
S’abstenir de le caricaturer vous fait-il vous sentir entravé dans vos libertés fondamentales?

– Pourquoi l’attaquer sachant par avance que cela va heurter?
Réponse probable: pour provoquer une réaction que l’on utilisera pour disqualifier une communauté.

– Est-ce du pur sadisme, le plaisir de faire mal?

– Est-ce ça la liberté d’expression, la liberté de faire du mal?
Personnellement je veux être libre de faire ou penser ce que je veux, mais en aucun cas je ne veux faire du mal à qui que ce soit. Qui ressent du plaisir, ou même revendique le droit à faire du mal est un être dangereux pour ses congénères, vous ne croyez pas?

– Ou finalement n’est-ce qu’une absence de compréhension de l’autre, une ènième marque de l’ego humain qui jauge et juge toute chose par rapport à sa propre condition?

Ces jugements de valeurs peuvent être mortels. Les entretenir sous prétexte egocentrique de « j’ai le droit de m’exprimer même si cela dérange autrui » est dangereux. Cessons cette folie. Et cessons d’alimenter les manœuvres louches des Puissants qui se livrent une bataille dont nous autres aurons à souffrir un jour.

L’affaire « Charlie » ne peut pas se résumer simplement à la vengeance sanglante s’un groupe religieux extrémiste. Le problème des médias est qu’ils n’ont plus le temps d’aller chercher par eux-mêmes les informations (la réalité, les faits, les témoignages) et donc ils relayent celles des agences de presse. La source étant réduite, une info trafiquée peut se répandre facilement, contaminant les opinions de ceux qui prennent la première nouvelle comme argent-comptant. Connaissant ce processus, celui qui diffuse une fausse info sait qu’elle va trouver racine.

Le philosphe Alain a écrit: « La vérité est qu’il ne faut jamais croire, il faut examiner, toujours. » (Propos sur les pouvoirs, Gallimard)

On ne peut pas faire grand-chose face à la folie meurtrière du monde. Mais on peut rester libre d’observer sans juger, de mettre en question ce qu’on nous dit, et surtout faire ce que l’on aime sans faire du mal à autrui.

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propos_pouvoir20Alain

Propos sur les pouvoirs

Éléments d’éthique politique
Édition de Francis Kaplan. Postface de Robert Bourgne, première édition collective
Collection Folio essais (n° 1), Gallimard
Parution : 12-02-1985

Quel sens revêt l’avènement de la démocratie, faisant triompher l’idéologie du peuple souverain ? Vient-il consacrer la puissance de l’État en lui apportant sa légitimation ? Ou introduit-il la légitimité d’un contre-pouvoir qui vise précisément à empêcher l’unification dans l’État souverain des forces actives d’une nation, intégrées au système de la compétence, à dissocier ainsi les pouvoirs, à les limiter, c’est-à-dire à les contrôler. Le sens de la démocratie est l’enjeu d’une prise de conscience des droits du citoyen, droit à la différence et à la résistance dans des espaces non unifiables d’obéissance.

Image en une: Victor Varacalli