Rien n’est plus cruel qu’une foule en colère

Posted on 6 décembre 2014

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Salut les gens.

Vous savez ce qui fait le plus peur? Le jugement des autres. Vous affirmez votre sympathie pour quelque-chose qui souffre d’une mauvaise réputation et hop, vous voilà rejeté, jugé. Mais quel est donc ce tour de magie? Comment l’esprit humain fonctionne-t-il pour ainsi transférer des sentiments négatifs d’une chose vers une autre?

judgementquotesC’est en réalité assez simple. L’esprit humain perçoit le monde extérieur à lui-même à travers son système de croyances. Croyances qu’il acquiert selon son niveau d’autonomie. Entendez le mot croyance comme je crois que. Rien à voir avec une quelconque tradition religieuse. Quand on prend une information comme le juste reflet de la réalité sans prendre le temps de questionner son propre bon sens, on acquiert une bonne somme de croyances qui ne correspondent pas à la réalité.
Et c’est dramatique, car ce que l’esprit croit vrai, il le traite comme vrai, et agit en conséquence. C’est comme ça qu’un mensonge se transforme en actes déplorables et malheureux. Causant souffrances et injustices.

Tous les conflits peuvent se résumer à ce processus. Ainsi il est vital d’apprendre à ne pas prendre toute information que l’on reçoit comme argent comptant. Il est vital d’apprendre à cesser d’être sûr, cesser de croire et dire que « moi je sais ». Il est vital de quitter le piédestal de l’assurance de détenir la vérité. Et surtout il est vital d’apprendre à examiner ses propres croyances. Sont-elles fondées? Nous aident-elles à vivre notre vie? Nous permettent-elles d’entretenir la vie en soi et autour de soi? Engendrent-elles des conflits?

Examiner ses propres croyances demande du courage et de l’honnêteté. L’ego ne fait jamais cet effort, il va toujours vers le plus facile, vers la souffrance, vers la paresse. Savoir s’examiner permet de prendre de la hauteur, de se voir depuis plus haut, ou depuis plus profond. Cela permet de réaliser que ce que l’on croit n’est pas ce que nous sommes. Cela permet de retirer à l’ego sa force destructive, l’empêchant de s’identifier à ce que je crois.

Mais en écrivant ces lignes, suis-je sûr de ce que j’écris? Est-ce juste une théorie personnelle que j’applique et explique comme pour faire croire que « je sais »?
Disons que c’est comme toute théorie: on ne sait pas si elle est juste, mais si on la met en pratique et qu’elle permet de comprendre et de résoudre les problèmes, alors elle est probablement juste.
Observer l’esprit humain de cette manière permet de le comprendre, et de le transformer. Elle permet de quitter les jugements de valeur tellement faciles à épingler sur ce qui ne correspond pas à ce que l’on croit être.

Un jugement porté sur autrui est d’une violence insoutenable pour qui est un peu sensible. Quand on sait (ha-ha mais le sait-on?) ce qui est essentiel, à savoir la qualité de la présence à soi et aux autres être vivants, on ne peut qu’être horrifié par le jugement d’autrui. Quand on se retrouve  dans une situation où l’on l’occasion de donner son soutien à quelque-chose qui souffre à tort d’une mauvaise réputation, on n’a pas peur de dire ce soutien, on a peur de subir les jugements des autres. Et leurs conséquences concrètes. Car une fois jugé par l’esprit, on subit les actes qui vont avec.

Actes réalisés en toute bonne foi, car la personne qui juge est aussi persuadée qu’elle est dans son bon droit, qu’elle est « juste ». C’est pour ça que parfois les pires choses sont faites sur de bonnes intentions. D’où le proverbe « Le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions »:

C’est le philosophe Alain qui a écrit: « Il ne faut jamais être sûr, il faut examiner, toujours. »

Le doute n’est pas une faiblesse, cessez d’écouter votre ego. Le doute est un espace libre. On peut décider et agir malgré le doute, s’il est accepté comme tel. Et puis la Vie est bien faite. Elle reste mystérieuse dans bien de ses facettes, peut-être pour nous suggérer que l’on ne sait jamais tout et qu’il ne faut jamais croire, mais qu’il faut examiner. Toujours.

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