La vie après la mort, ou la Vie tout court

Posted on 11 novembre 2013

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Salut les gens.

A la sortie de l’album Weather Systems de l’excellent groupe anglais Anathema, je me suis retrouvé fasciné par le dernier morceau, nommé Internal Landscape (à écouter sur ce lien). Il commence par une voix, un homme qui raconte son histoire. Cette voix chaude m’a tout de suite évoqué un ouvrier, un manuel ou un individu simple et honnête. Cette voix est celle de Joe Geraci, italo- américain, policier devenu superviseur d’école publique, qui en 1970 à l’âge de 36 ans a vécu ce que l’on nomme une near death experience, ou NDE. Littéralement: une expérience de proximité de mort.
Anathema-Weather-SystemsLe groupe a utilisé un témoignage filmé de quatre personnes ayant vécu le même genre d’expérience. Je trouve celui de Geraci particulièrement touchant, par le ton de sa voix qui dégage une impression d’honnêteté, de simplicité qui fait que l’on n’imagine pas un instant qu’il invente une histoire.
Il ne fait aucun doute qu’il a vraiment vécu ce qu’il décrit. Les sceptiques peuvent argumenter qu’il l’a imaginé. Comme tous les autres témoignages, datant d’une époque où l’information ne circule pas si facilement qu’aujourd’hui? Peu probable, ou alors ils ont tous imaginé la même chose, ce qui revient à dire que c’est réel, puisque les témoignages racontent en gros la même chose.
Au seuil de la vie incarnée se trouverait un endroit, une zone où l’on se retrouve délivré de toute sensation physique, où l’on est immergé dans de la lumière, chaude, brillante mais qui n’éblouit pas. Geraci dit: « J’étais la paix, j’étais l’amour ».

Depuis, un des membres du groupe, Daniel Cavanagh a édité l’album Passage contenant plusieurs témoignages d’expériences de « presque-trépas » récités dans le cadre de l’enregistrement.

Ci-dessous, Joseph Geraci de son profil Facebook:

joseph_Geraci_02Que cela veut-il dire?
Que notre vie incarnée n’est pas tout. Qu’il existe une énergie qui soutient la matière. Que la mort est seulement la fin de notre temps sur Terre, dans ce corps qui n’est pas un vaisseau, mais qui est l’expérience de la matière, notre Être profond fondu dans notre organisme. On sépare trop souvent matière et non-matière, comme pour s’en libérer. Les adeptes de spiritualité, ceux qui découvrent notre existence énergétique, oublient notre part de matière qui est une partie intégrale de l’expérience d’incarnation. Ils se réfèrent trop souvent à cette part immatérielle comme si elle avait plus de valeur. C’est vrai qu’elle est le fondement de ce que nous sommes, qu’elle reste après que le corps termine son service. Que nous soyons fondamentalement des êtres de lumière n’empêche que nous vivons une vie incarnée, dans la chair. Nous vivons les expériences de l’aventure humaine, agréables comme désagréables.

↓ Ci-dessous le témoignage entier des 4 personnes, en 2 parties:

↓ Ci-dessous, le témoignage de Geraci seul, son et visuel un poil modifié. Vous pouvez activer la traduction des sous-titres en bas à droite de la vidéo, icône rectangulaire blanche.
↓↓ Tout en bas de cet article, la retranscription des sous-titres.

Ci-dessous deux liens pour télécharger les deux parties en anglais sans sous-titres:
http://www.310.ch/nde/Near_Death_Experience_Stories_1_of_2.flv
http://www.310.ch/nde/Near_Death_Experience_Stories_2_of_2.flv

Témoignage personnel

C’était il y a quelques temps, vers les années 2000, ou un peu avant. Je marchais avec un ami en Valais. Nous étions sur le retour, nous traversions une zone de forêt clairsemée. En marchant dans la neige de ce début d’hiver, j’ai eu plusieurs fois l’impression que l’on nous suivait. Vous savez comme quand on devine que d’autres randonneurs nous suivent juste avant de les avoir vus. Notre instinct nous signale la présence d’êtres vivants, si on sait l’écouter.
C’est cette impression qui m’a fait me retourner une fois. Personne. Nous continuons, mon camarade ne semblait pas faire attention à mon coup d’œil en arrière, il marchait quelques mètres devant. Je crois m’être retourné une deuxième fois, sans voir personne.
Quelques minutes plus tard, cette impression de présence se fait à nouveau sentir. Je me retournais une nouvelle fois, et là, du blanc de l’œil, j’aperçu une forme sur le sentier. Elle avait la taille d’un adulte et n’était en réalité qu’un contour, composé de lignes parallèles commes des aiguilles dirigées vers l’extérieur. Une enveloppe faite de courts rayons gris. Le temps de poser mon regard dessus et elle disparaît.
J’étais surpris et interrogé, mais pas choqué. Je venais de voir quelque-chose de nouveau, mais rien qui ne me sembla irréel. Là-dessus, j’avance vers mon camarade et lui dit, sachant qu’il est assez ouvert et pas jugeant: « Je crois qu’il doit y avoir des entités ici car ça fait un moment que j’ai l’impression qu’on nous suit et… » Un amie m’avait parlé une fois de cette possibilité que des personnes qui meurent se retrouvent coinçées sur terre. Ce que certains nomment fantômes, et d’autres entités désincarnées.
En m’entendant dire cela, cet ami reste figé et me regarde étrangement. Il dit: « C’est mon grand-père. » Surprise. Son grand-père? Heuu, mort? Oui. Il m’explique que de son vivant, son grand-père apiculteur lui aprenait comment s’occuper des abeilles. Après son décès, il continua à le faire, en lui parlant. Lui parler? Oui il me dit, parler dans sa tête, un dialogue sans mots prononcés. Comme quand on se fait un dialogue dans sa tête mais que dans ce cas, des phrases apparaissent sans qu’on le veuille.
Depuis ce jour, j’ai su que ces histoires n’étaient pas des foutaises. Avant, j’étais ouvert mais sans y prêter grande importance, mais cette expérience m’a montré simplement la réalité. Comme tout être rationnel et observateur, je me suis questionné: ai-je pu l’inventer? Non, je ne crois pas. Je n’avais jamais vu de forme telle que je l’ai décrite, je n’avais pas spécialement envie de voir ces choses. Elle se sont simplement manifestées. Et surtout, ces visions furtives m’ont toujours surpris. Toujours. Chaque fois que mon regard a été attiré par ces présences, mon regard s’est tourné instinctivement vers elles. Ce signal me dit que c’est réel.

On peut argumenter à l’infini avec des « ta tête a cru voir donc ton corps réagit en fonction ». La réalité est que la tête peut inventer une tonne de raisons et d’excuses pour tout justifier sans jamais s’approcher de ce qui EST. Se fier à ce qu’on ressent n’est pas rationnel, mais n’en est pas moins vrai. La Vie n’est pas rationnelle. Elle ne se laisse pas enfermer dans la structure du rationnel.

Depuis, j’ai revu de temps en temps des entités. La plupart à Vevey où je travaille. Un soir à l’entrée de la cabine de projection du cinéma Rex, j’ai vu une forme similaire mais de la taille d’un enfant. A l’autre cinéma où je travaille actuellement, il suffit que je m’assoie une minute en cabine face à l’écran d’ordinateur pour que je voie une entité se présenter à l’entrée de celle-ci. A chaque fois, la sensation de présence, et le signal visuel me fait automatiquement tourner la tête, comme s’il y avait « réellement » une personne, en chair et en os. Ce signal ne trompe pas il me semble.
Et encore, une autre petite salle dans laquelle une entité fait des allers et retours dans le couloir d’accès qui passe devant la cabine vitrée. Un soir, je discute avec un collègue, nous sommes perpendiculaires à la vitre donnant sur le couloir en question. A un moment, quand l’entité passe, il tourne la tête surpris, en même temps que moi. Il me regarde étonné et je lui dis: « Ah tu l’as vu aussi? » Il ouvre grand les yeux en disant: « Hein? J’ai vu quoi? » Je lui explique l’histoire.
Ces expériences, comme toute expérience spontanée, je n’ai pas voulu les vivre, elles se sont présentées par elles-même.

Ci-dessous: interprétation personnelle des champs qui composent l’humain. Sont volontairement omis les shakras.

EIO_copyright_Prolitteris_8033_ZurichCHAMPS_2011-07-18_02Savoir, non pas croire, mais savoir que ma vie ne s’arrête pas à l’arrêt de mon corps physique a ouvert une fenêtre dans mon cerveau. Cela aide énormément à relativiser, à dédramatiser ma vie quotidienne. J’ai toujours des hauts et des bas, car ma partie énergie doit encore se libérer d’anciens blocages que je travaille à dénouer. Mais sinon, cela me permet de voir d’autres aspects de la vie, je ne me focalise plus sur le négatif, ou ce que j’étiquette comme négatif. Si le fondement de ce que nous sommes est lumière, paix, sécurité et amour, pourquoi souffrir? Parce que nous sommes incarnés, oui c’est vrai, la matière a ses lois. Savoir que la matière n’est pas tout empêche de rajouter à ce qui est réel le drame humain qui alourdit, qui amplifie nos souffrances. Je pense que cela permet de se guérir. Si on a la capacité à communiquer avec notre part de lumière, nous pouvons changer la matière qui en découle.

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Retranscription des sous-titres:

– Et je me suis senti partir. J’étais dans une grande douleur. Ce fut une expérience très effrayante. J’ai commencé à glisser. Simplement me sentir partir . Et je me souviens avoir essayé de m’accrocher « Tout ira bien, tout ira bien. » Et je suis arrivé au point où je ne pouvais plus. Et tout a commencé à devenir très calme. Et je me souviens avec chaque once de force que j’avais, je voulais dire au revoir à ma femme. Il était important pour moi. Je me souviens tourner la tête pour la regarder et j’ai dit : « Je vais mourir, au revoir Joan ».

Et je l’ai fait . C’est alors que j’ai vécu ce que nous appelons une expérience de (near) proximité de mort. Pour moi, il n’y avait rien de proche à ce sujet, c’était là (la mort). C’était une immersion totale dans l’intensité de la lumière, de la chaleur, de la sécurité, de la paix. Je n’ai pas eu d’expérience de sortie de corps. Je n’ai pas vu mon corps ou quelqu’un autour de moi. Je suis juste immédiatement allé dans cette belle lumière. C’est difficile à décrire, ene fait il est impossible à décrire. Verbalement, il ne peut pas être exprimé. C’est quelque chose qui devient vous et vous le devenez. Je pourrais dire que j’étais la paix. J’étais l’amour. J’étais la lumière. Cela faisait partie de moi.

– Je n’avais aucun souvenir de quoi que ce soit de biologique. C’est pas comme si vous pouviez voir quelque chose, parce que votre vue est biologique, elle est nécessaire ici. L’audition est nécessaire ici. La parole est ici nécessaire elle ne l’est pas là. Vous savez juste. Vous êtes omniscient. Tout est une partie de vous. C’est tellement beau. C’était … C’était l’éternité. C’est comme si j’avais toujours été là et je serai toujours là, que mon existence sur terre n’était qu’un très bref instant. Il s’agit d’un concept difficile à comprendre, l’éternité. Parce que quand on le compare au temps… Le temps nécessite une progression d’une séquence de choses, les choses s’enchaînent.

– C’est tout à la fois en un. Il n’y a pas de passage d’une chose à une autre. J’aime l’appeler une autre dimension, mais on ne peut pas vraiment appeler ça comme ça parce que cela pourrait être défini et il existe différentes dimensions. Ils ont des commencements et des fins. Donc, cela ne convient pas.

– C’était au moins six mois au moins après l’incident et je ne pouvais même pas parler à ma femme de ce sujet. C’était comme une belle sensation de gonflement émotionnel intérieur qu’à chaque fois que j’essaie d’exprimer ce que je pense que je ferais juste d’exploser. J’aurais pu m’effondrer et pleurer. Et elle, depuis ce temps, elle ne pouvait pas savoir ce qui n’allait pas avec moi.

– Elle a dû se demander alors beaucoup sur la façon dont vous traitez avec cet épisode, parce qu’elle comme vous le dites est une infirmière et connaissait la gravité de votre état, et elle je suppose a également su que vous aviez … Là encore, c’est une affaire que vous étiez cliniquement mort.

– Oui, mon cœur s’est arrêté, j’ai arrêté de respirer. Je suppose que je suis parti environ une minute et ils m’ont ramené. La minute où je suis la douleur est revenue immédiatement, la peur …

– Tous les émotions humaines.

– Oui, tout ce qui est humain est revenu et je me souviens avoir été très en colère quand ils m’ont ramené. Et ma femme a fini par se demander pourquoi plus tard: « Tu semblais en colère, comment cela ce fait-il? » Je ne pouvais pas lui dire. C’était probablement les six mois les plus frustrantes de mon existence. Après avoir connu la perfection et quelque chose de si beau, je voulais le retenir. Je ne voulais pas le laisser aller. Et ce n’était pas facile. Après avoir récupéré la deuxième fois et que je rentra chez moi, tout semblait avoir changé. C’était presque comme si je recommençais ma vie. J’étais un bébé. Je n’avais pas fait les erreurs que j’avais faites dans ma vie. Les choses n’avaient pas foiré ou autre. Je me souviens dans ma tentative de m’accrocher à ce sentiment et de m’accrocher à cette paix, j’ai commencé à cogner dans les choses terrestres. Bien sûr, ils ne vont pas vous échapper, ils sont là.

Ma première expérience frustrante était à la télévision. Je ne pouvais pluss regarder la télévision. Il y aurait une pubilicté cosmétique … Je ne pouvais pas, je dois l’éteindre parce que c’était quelque chose de faux. Ce n’était pas nécessaire, c’était faux. Ça n’a tout simplement pas sa place. Vous savez, c’est insignifiant. N’importe quel type de violence.

Même s’il y avait un western, un vieux western, je dois l’éteindre parce que pour moi, c’était l’ignorance totale. Il y avait juste aucune raison au monde pour montrer des gens tuer d’autres gens. C’était frustrant, surtout quand la famille est assis en essayant de regarder la télévision et papa se lève et il s’éteint tout le temps. Finalement je voulais juste aller dans ma chambre. Il est arrivé au point où j’ai eu beaucoup de temps réajustement. Et c’est à ce moment-là… Un ami très proche était un prêtre. Nous l’appelons père Bob, qui a parlé avec moi quelques fois. Très compréhensif. C’était un homme, je le sais, qui n’a pas connu ce que j’ai vécu, mais il semblait savoir de quoi je parlais. Très compréhensif. Peut-être la chose la plus importante qu’il a fait pour moi était de me permettre de me réadapter à accepter la vie, de comprendre que l’on vit. Que, vous savez, c’est là, ça reviendra.

Et qu’il ya beaucoup plus ici et que j’étais là pour une raison. Et cela m’a aidé. Je suis de retour à regarder la télévision, j’aime même les matchs de boxe. Je reviens d’un long chemin.

– Vous pouvez regarder les publicités aussi.

– C’est vrai.