Blu-ray, le cinéma retrouvé

Posted on 8 juin 2012

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Salut les gens.

Quelle surprise m’a frappé réçemment quand j’ai vu et revu des films que j’aime, que je connais (presque) par cœur en blu-ray, sur un écran de 2 m 40. Incroyable, fabuleux, génial, dingue et autres adjectifs enthousiastes. Voici l’exemple-type d’une expérience qu’il faut vivre pour se rendre compte de ce qu’elle est. Comme toutes les expériences me direz-vous. Mais celles où l’on sait que l’expérience sera unique et profonde, voir un film en blu-ray en grand format à la maison m’a totalement pris par surprise.
Précisons que le blu-ray est le format du support film qui succède au DVD. Il existe depuis déjà quelques années, mais a du mal à supplanter son prédécesseur. Au début pour des raisons de prix, mais aussi car ses qualités ne se révèlent qu’avec un (très) grand écran TV ou un projecteur haute-définition sur une bonne surface.

Tout ce qui se passe à l’écran
semble plus vrai

Pourquoi le blu-ray est-il aussi génial? Parce que, et il m’a fallu le voir pour le réaliser, la sensation de réalité vient du rapport entre la taille de l’image et la finesse des détails qui la composent. Oubliez la 3D. Ce n’est qu’un artifice qui force le trait, qui veut faire croire à notre cerveau à un relief,  alors que l’œil sait très bien voir un relief dans une image sans avoir recours à des trucs de foire technologique. Très marrant 15 minutes pour une film-spectacle genre Europa-Park, mais assommant et inutile pour une œuvre de fiction.
Une grande image de faible résolution, c’est pas mal, ça en jette. Une petite image en haute résolution, c’est précis, c’est net, ça en jette aussi. Une grande image en haute résolution, c’est la multiplication des deux avantages. Le champ de vision est bien rempli (selon notre distance à l’écran) et l’image est détaillée. C’est là que les mâchoires tombent. J’ai redécouvers « mes » films presque comme la première fois. Pourtant revus de maintes fois, mais chaque vision est fascinante. Tellement tout ce qui se passe à l’écran semble plus vrai, plus présent. Les paysages sont amples, chaque arbre est précis. Les portraits, les gros plans montrent le grain de peau des acteurs/trices, le moindre cheveux est là.

Quelques chiffres: DVD et blu-ray.
Après avoir découvert le film au cinéma, qui reste à mon avis le meilleur endroit pour le faire, on le revoit à la TV ou en DVD.
L’image DVD est composée de 768 x 576 pixels (largeur et hauteur). Nous sommes habitués à cette définition depuis des années. Cela ne nous empêche nullement d’apprécier les films dans ce format, n’ayant pas d’autre élément de comparaison que l’expérience au cinéma. Depuis des années, nous considérons comme normal de revoir un film en qualité plus réduite.
L’image blu-ray est de 1920 x 1080. Vous voyez la différence? En nombre de pixels totaux de l’image, ça donne 442’368 pour le DVD contre 2’079’600 pour le blu-ray, soit une différence de 4,68! Presque 5 fois plus d’informations. C’est énorme.
Ensuite, pour que le film tienne sur un support numérique, il doit être compressé, méthode informatique consistant à réduire la quantité d’informations basique sur le disque tout en conservant la qualité visuelle des images et du son. Là aussi, le blu-ray surclasse le DVD. Les algorithmes sont meilleurs, utilisant une palette de couleurs (color gamut) plus large. Cela veut dire: plus de nuances de couleurs, donc plus de contraste, plus de douceur dans les dégradés. Une image plus riche en nuaces est plus proche de ce que notre œil voit du monde réel.

Maintenant, comparons avec le cinéma.
Nous vivons le passage au numérique, adieu pellicule, pourtant de meilleure qualité visuelle, critère toujours personnel mais partagé par les amoureux d’une « belle » image, agréable à l’œil. Malheureusement, la technologie a sa logique et ses critères qui ne sont pas toujours ceux de l’humain. Le cinéma numérique est disponible en 2 formats (2 normes): 2K et 4K. Respectivement 1,8 ou 2,2 (selon les formats scope ou pano) et 7 ou 8,6 millions de pixels par image. Le 2K est le plus répandu, suffisant aux écrans de taille courante, 6-10 m. de large. Le 4K est utilisé pour les écrans de plus grande taille.
La résolution du 2K: 2048 x 1080, soit 2’211’840 pixels. Seulement? Oui, le blu-ray est à peine en-dessous du cinéma numérique.
C’est d’ailleurs une bonne raison pour que la distribution des films soient protégée face à la distribution en DVD ou blu-ray. Sinon le cinéma en pâtirait d’avantage. Certains diront: mais pourquoi aller encore au cinéma? Facile: parce que le cinéma est encore meilleur. L’écran est plus grand, à moins d’avoir une très grande villa et une fortune à claquer en matériel de projection. La qualité hors-pixel est meilleure: fidélité des couleurs, nombre de nuances encore plus grande (10 ou 12 bits, contre 8 bits en DVD ou blu-ray), profondeur des noirs, intensité lumineuse. Et bien-sûr pour l’expérience en commun. Imaginez-vous seul ou a deux ou quatre dans votre salon, regarder Intouchables? Je vous promet que c’est mille fois moins drôle. Alors que dans une salle de 200 personnes, l’ambiance s’en trouve multipliée.

Exemple en images.
En voici une tirée du superbe film de Sam Mendes Road to Perdition, dont la photographie (cinematography en anglais) est assurée par le génial Conrad Hall, aujourd’hui disparu. Je l’ai choisie car une scène nocture sous la pluie permet de bien démontrer la qualité d’une reprodution. A noter que tous les plans de ce film sont d’une grande beauté. Le travail de Hall sur ce film, son dernier, est considéré par ses pairs comme son meilleur.

Pour vous qui les regardez sur votre écran d’ordinateur, et pour bien vous rendre compte de l’effet produit sur une image de grande taille, j’ai volontairement exagéré l’affaiblissement de l’image DVD. Ces images ne sont donc pas des captures fidèles des originaux. Il est plus facile de se rendre compte de l’effet produit quand on force le trait. En version blu-ray, chaque goutte de pluie est clairement définie, celles qui tombent ou celles qui s’accrochent au manteau de Tom Hanks. Ensuite, la plus grande résolution permet de soigner les détails dans les ombres, dans cette scène.

Petite image DVD sur une grande TV. Vous êtes à 3 m de l’écran qui fait 80 cm:

Grande image blu-ray sur un écran. Imaginez que vous êtes à 3 m de cette image faisant 2 m de large:

Et ci-dessous, une comparaison marrante entre une TV de taille moyenne et un écran de 2 m 40:

Je pourrais vous montrer des dizaines de plans du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, de Sunshine de Danny Boyle, de The Thin Red Line de Terrence Malick ou d’Avatar de James Cameron pour vous faire partager l’immersion que l’on vit face à de telles images. Cette immersion, nous la vivons au cinéma d’abord. La revivre chez soi, revoir toutes ces scènes mythiques qui nous habitent est tout bonnement fabuleux.
Alors je vous le dis: l’investissement dans un lecteur blu-ray (neuf env. 150.-) et un bon projecteur HD (attention il faut qu’il balance du 1920 x 1080) en DLP (les premiers à 1100.-) vaut largement la dépense, si on aime le cinéma.

Et le cinéma en salle?

Ne croyez pas que c’est un motif pour ne plus aller au cinéma, au contraire. Le blu-ray donne envie de voir les films dans ces mêmes conditions, cela « entretient » notre plaisir, notre fascination pour cet art. Après avoir découvert le blu-ray, il est difficile de revenir au DVD, même projeté en grand ou pire, sur un écran TV.

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