Lettre ouverte à Constantin Xenakis

Posted on 10 octobre 2011

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Salut les gens.

Au sujet du film Melancholia et plus largement de la filmographie de Lars Von Trier. Quand j’ai lu la critique de monsieur Xenakis sur le site cineman.ch ainsi qu’un commentaire sur des propos somme toutes inoffensifs de son extraordinaire actrice principale Kristen Dunst (à lire tout deux plus bas), voici ce qui en est sorti, en quelques minutes. Les mots étaient encore tout chaud une fois enregistrés…
Il faut signaler, à la décharge des cinéphiles « du dimanche », que Lars Von Trier ne réalise pas des films « faciles ». Ils nous demandent d’observer sans jugement, d’être présent et non-jugeant afin de laisser l’ouverture nécessaire pour recevoir, pour ressentir ce qui se passe sur l’écran. Seulement là, la magie opère. Notre Être profond se manifeste. Là est le talent des grands artistes. Talent qui n’est pas compris par tous et toutes.


Cracher ne demande
qu’un peu de salive et de colère

— Parfois, je me demande pourquoi parler de ce qui est insignifiant. Ignorons ce qui nous paraît sans importance, ainsi cela restera de l’anecdote.
Quant aux critiques cinéma comme ce monsieur, ils sont le plus souvent des pisse-vinaigre égocentriques enfermés dans leurs croyances personnelles. Leur sensibilité, leur goût sont les œillères qui les empêche d’apprécier ce qui sort de leur cadre de perception. Juger un film de manière si radicale et absolue relève d’une violence et d’une rigidité qui n’est pas digne du talent de cet artiste. J’espère que les lecteurs ont suffisamment d’autonomie et d’équilibre pour sentir quand un individu exprime une opinion qui ne tient qu’à sa personne et nul autre.
Si vous voulez lire un critique cinéma, un vrai, lisez Roger Ebert. Ci-dessous son lien vers son papier sur Antichrist, qui est il est vrai hors-normes sur bien des points. A part un sujet ou deux auxquels il avoue ne pas adhérer et offrir de bonnes notes critiques (au moins il est honnête), cet homme est un exemple d’ouverture et de clarté. Rarement je lis un texte qui traduit au plus près une œuvre cinématographique. Même quand je ne suis pas d’accord avec lui, je comprends pourquoi, car il s’exprime avec respect et modération.
Monsieur Xenakis, lisez-le et apprenez. Si vous êtes capable de le faire et de vous affranchir de vos limites, votre hauteur d’esprit n’en sera que plus élevée. Je pense que ce genre de film dépasse votre niveau de compréhension, votre finesse de sensibilité, ce qui vous fait le rejeter en bloc. Ce n’est pas grave d’être qui on est. Chacun son chemin. Mais face à meilleur que soi, on peut rejeter ou s’inspirer. Une voie enferme, une autre ouvre.
Bien à vous.

Edward Hitten

Critique de Ebert de Antichrist (anglais):
http://rogerebert.suntimes.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/20091021/REVIEWS/910219990

Quelques mots sur Melancholia au dernier festival de Toronto (anglais):
http://blogs.suntimes.com/ebert/2011/09/melancholia_descends_on_toront.html

Lars Von Trier, jamais en manque pour s’affirmer face aux journalistes simplets:

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Critique de Constantin Xénakis:
Lars Von Trier
fait décidément très fort: il parvient avec Melancholia à faire pire encore qu’avec le consternant Antichrist: un véritable exploit en soi. Plus encore que ses insupportables scènes floues et mal cadrées (tournées caméra à l’épaule, style film amateur de vacances), ce sont l’histoire affligeante, les dialogues pompeux et le style prétentieux qui provoquent chez le spectateur la nausée. Autant le dire clairement: à côté de Melancholia, Transformers 3 a des allures de Citizen Kane. Quelle mauvaise fois d’accuser Hollywood ou la piraterie pour expliquer les mauvaises recettes du cinéma européen d’auteur: la raison est ailleurs, ici en l’occurence, avec ce genre de film. [Constantin Xenakis]

A signaler une faute d’orthographe: mauvaise fois ne prend pas s. La foi, c’est ce qu’il faut pour créer. Cracher ne demande rien qu’un peu de salive et de colère. [Ndr]

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Kirsten Dunst: trop gros seins

Sa, 08.10.2011, Constantin Xenakis

Kirsten Dunst nous fait part de ses élucubrations sur ses seins et ceux de Charlotte Gainsbourg. Cela ne vole pas très haut…

Ce que c’est difficile d’avoir des gros seins, semblent vouloir dire Kirsten Dunst. Au cours d’une récente interview au Guardian, l’actrice américaine a déclaré le plus sérieusement du monde qu’elle n’aurait pas pu jouer le personnage principal dans le précédent navet de Lars Von Trier, Antichrist:

«Ce genre de film est plus difficile pour quelqu’un comme moi à porter. Je suis plus présente dans les médias que Charlotte. Cela a sans doute à voir avec le physique de Charlotte. Une actrice comme moi, avec une forte poitrine, dans ce film, cela n’aurait pas fonctionné. Charlotte est mince et ses seins sont plus petits, ce qui est plus facile à regarder. Si j’avais joué dans Antichrist, cela aurait été ridicule et choquant». On est en droit de rappeler qu’avec ou sans elle, Antichrist reste un film «ridicule et choquant».

Décidément, Melancholia semble inspirer particulièrement ceux et celles qui en sont à l’origine: après les abjectes déclarations de Lars Von Trier sur lequelles on ne va pas revenir ici car cela devient de plus en plus fatiguant, l’atterrant contenu du film même qui en fait une des plus consternantes daubes de ces dernières années, voici maintenant des élucubrations au raz des paquerettes de Kirsten Dunst. Mais où s’arrêteront-ils?

Abjectes déclarations. Là par exemple, le second degré dépasse certains esprits. [Ndlr]