« Melancholia » et « Habemus Papam », 2 films qui annoncent un changement

Posted on 13 septembre 2011

0


Salut les gens.

« Les artistes sont des prophètes ». Cela vient de me frapper, en revoyant la sublime scène finale de Habemus Papam, de Nanni Moretti: elle ressemble à celle de Melancholia, de Lars Von Trier. Je me suis dit que ces deux films semblent annoncer un changement radical. Dans le premier, la fin de l’ère chrétienne, dans le second, la fin du monde.

ATTENTION, CERTAINS PASSAGES DU TEXTE SUIVANT RÉVÈLENT LA FIN DU FILM.
Alors si vous voulez garder la surprise, allez voir le film au cinéma avant de le lire.

Dans Habemus Papam, Michel Piccoli, sublime, joue un cardinal élu pour succéder au Pape Jean-Paul II. Après l’annonce de son élection lors du conclave, on le voit prendre cette tâche comme une tonne de plomb sur la tête.
– C’est là l’idée de génie de Moretti. Proposer que d’être à la tête de l’Eglise catholique, au lieu de transcender et transporter, est un fardeau qui plombe, bouleverse, qui fait fuir et souffrir. Il souligne ainsi toute la lourdeur de cette religion, et plus loin de toutes les autres. Il fallait oser.
Il ne se présente pas au balcon de la basilique Saint-Pierre. Il demande de l’aide et finit par s’enfuir dans Rome pour se cacher dans l’anonymat de la ville. Vers la fin, on le retrouve dans un théâtre dans lequel il peut se laisser aller à rêver de sa passion: être comédien. Mais les cardinaux le ramènent. La scène suivante le montre dans une voiture, avec une superbe musique mélancholique à mourir, illustrant le poids qui lui est retombé sur les épaules.
Scène finale. Il se présente enfin devant les fidèles acclamant leur guide. Son discours est une scène d’anthologie. Il déclare ne pas se sentir à la hauteur de la tâche, il demande que l’on prie pour lui. Il dit qu’il ne peut pas être le guide qu’ils attendent, que cela ne peut pas être lui. Là-dessus, Miserere de Arvo Pärt explose de tous ses chœurs pendant que les fidèles et les cardinaux qui l’ont élu sont atterrés de stupeur. Piccoli regarde la foule d’un air désolé, se détourne et s’en retourne à l’intérieur, laissant la foule comme abandonnée. Ces pauvres fidèles qui comptaient sur lui pour les guider, les sauver. Pauvres malheureux.

C’est cette fin qui m’a fait penser à Melancholia, tellement elle est sonne comme l’apocalypse, comme la fin d’une époque, la fin des Temps. La fin d’un monde (un pape élu se retire de son élection), la fin du monde (une planète vient percuter et anéantir la Terre).
Les artistes expriment parfois ce qui traîne dans l’inconscient collectif. Voilà deux films qui annoncent des changements à venir. L’économie est au bout du rouleau, les mensonges sont de plus en plus gros et difficiles à cacher, les manipulation et traîtrises se révèlent au grand jour, les poissons meurent par milliers dans les eaux du monde.

Pierre Jovanovic, dans son livre Notre Dame de l’Apocalypse, il cite un vieil ouvrage, La Prophétie de Saint-Malachie, dans lequel son auteur liste les 111 papes, celui-là étant le dernier. Benoît XVI est le 111e pape. La 112e prophétie décrit ceci:
«Dans la dernière persécution de l’Église Chrétienne siégera Pierre le Romain qui fera paître ses brebis à travers de nombreuses tribulations. Celles-ci terminées, la cité aux sept collines sera détruite (Rome, Ndr), et un Juge redoutable jugera son peuple.»

Publicités