Les mots ne sont que des étiquettes

Posted on 12 septembre 2011

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Salut les gens.

Il y a quelques jours, je discutais avec une amie. Je lui parlais de mon vécu, de mes observations relatives à l’humain, ce qui me paraît important.
A un moment, elle exprime son désaccord avec une phrase, et surtout un mot que j’ai énoncé. Je comprend alors qu’elle a attribué à ce mot un sens différent que celui que j’ai voulu transmettre. Peut-être ai-je mal exposé le contexte de ma pensée et que mes mots ne l’ont pas bien reflété. Le cerveau connaissant le sens de l’idée à exposer, il la traduit en mots en prenant parfois des raccourcis et excluant des mots qui précisent et permettent à l’autre de bien saisir le sens de la pensée. Elle termine en disant: « Ce sont bien plus que des mots. » Oui, dans le sens où un mot cache un sens, une intention. Pas dans le sens où le mot contient ou est un sens ou une intention.

Le mot et le sens
sont deux choses distinctes

Je réalise alors que quand on attribue une valeur absolue aux mots, on les transforme en bloc de marbre, et qu’ils deviennent un obstacle à leur fonction première: communiquer.

Si on considère qu’un mot « est plus qu’un mot », qu’il a une substance, on s’enferme dans une seule et unique possibilité (le sens qu’on lui attribue) et on limite le champ de compréhension de ce qu’on veut désigner.
Comme le dit Eckhart Tolle, les mots ne sont que des panneaux indicateurs qui pointent vers quelque-chose. Il fut un temps où j’ai cru aussi, l’ayant lu, que la force était inhérente au mot lui-même. Que le mot était l’enveloppe qui contenait la puissance, la valeur et qu’il avait une force lui étant propre.

Cela est-il possible?

Un exemple simple: le mot chat désigne un animal que l’on connaît. Si on le remplace par le mot cat, sa traduction anglaise, désigne-t-il autre chose? Non, car ce mot pointe toujours vers l’animal que le langage humain nomme chat. Katze, gatto, gato, köttur, mačka, γάτα, (merci la traduction en ligne), sont tous des mots différents qui désignent une même chose. Plusieurs mots, une seul réalité. Le mot n’est pas le chat. Le mot désigne le chat. Si l’on remplace le mot chat par le mot chien, le félin ne se métamorphose pas en canidé.

Autre exemple: le principe de manifestation, ou quand une réalité s’aligne sur ce que l’on croit être vrai. Si en constatant une douleur à la gorge, je dis: « je suis malade », je risque fort de devenir effectivement malade. Pourquoi? A cause des mots « je suis malade »? Non, à cause de la croyance (l’information) en moi qui dit: « Si j’ai mal à la gorge, c’est signe que je vais tomber malade ». Si on est persuadé de ça, la réalité le manifeste. Le mot, dit ou pensé n’est que la surface de ce qui provoque l’état.

Et encore: quand un mot est prononcé, est-il sa propre source? Ou il y a-t-il une cause à l’origine de ce mot? C’est une pensée apparue dans le mental qui est à l’origine de ce mot. Le mot est comme la matière qui vient après l’énergie. La pensée donne naissance au mot. Si on pousse plus loin, on découvre que la pensée elle-même est consécutive à une autre chose avant elle: ce que l’on nomme instinct, ou inspiration. N’oublions pas que le mental (hémisphère gauche) n’est qu’un outil servant à résoudre des opérations logiques. Il ne produit rien, il exécute et résout ce qui lui est proposé par l’instinct (hémisphère droit).

Autre exemple: qui a attribué tel mot à tel objet ou être vivant? On peut retracer les origine des mots selon leur racine latine ou grecque, mais quel est la vérité qui a conduit l’objet chat (du latin cattus) a recevoir le nom de chat? Pourquoi pas parval, de parvum animal molli (petit animal souple en latin)?

Et encore: quand un mot, faisant partie du langage, est source de conflit, alors que le langage sert justement à mettre en commun une idée (par opposition au conflit), alors on peut en déduire que quelque chose ne fonctionne pas. Le mot étant relatif (des mots différents désignent une même chose) et pas absolu, le problème est bien dans la façon de percevoir le mot, la valeur, la réalité qu’on lui attribue.

Et encore: le mensonge. Il est possible de dire un mot tout en pensant son contraire. Dans ces cas, le malaise apparaît automatiquement. Il est le signal d’alarme signalant qu’il y a une différence entre un mot et une pensée. Ce désalignement se traduit en opacité, en trouble subtil que l’Être détecte toujours.

Et encore: quand on dit à l’être de son cœur: « Je t’aime », ce n’est pas le mot qui touche l’autre, mais bien le sentiment, l’attachement, le témoignage qui touche. On peut transmettre l’information « je t’aime » sans parler. Un regard, une pensée, un geste. Le mot n’est qu’une des nombreuses formes de communication.

Les mots sont des étiquettes qui tentent
de désigner une réalité

Les mots ne sont que des mots. Leur attribuer un pouvoir propre est comme s’identifier à une idée, une croyance. « Je suis cette idée, donc si on affirme une idée différente, je me sens menacé et je défends cette idée car c’est ma vie ». Voilà la source des conflits. L’idée d’une personne est traduite et manifestée en un mot auquel l’autre personne attribue un sens différent. Si cette deuxième personne, sentant cette petite pointe de malaise signalant un déséquilibre face à l’autre, ne prend pas la peine de demander à bien connaître le sens qu’elle attribue au mot, elle s’enferme dans le conflit. Alors que peut-être, les deux personnes ont la même idée mais qu’ils l’expriment avec des mots différents.
Les confondre, les fusionner avec ce qu’ils désignent crée un obstacle à leur fonction: communiquer. Discerner les choses permet de voir clairement. Dissocier le mot de la pensée, le mot de l’objet, l’acte de la parole, l’intention de l’acte, et plus loin, discerner l’émotion ou la pensée de l’Être permet de voir clair, de partager, d’enseigner et d’apprendre. Au lieu de diviser, d’opposer et de verrouiller, comme c’est le cas quand on quitte la souplesse pour la rigidité.

Ce qui importe est le sens qui se cache derrière les mots. Au lieu de réagir devant la surface d’une chose qui nous paraît fausse, prenons le recul nécessaire pour prendre connaissance du sens qui est à l’origine de ce qui est apparu. Demandons-nous quelle réalité se cache derrière. Et souvenons-nous que toute pensée est personnelle. Chacun est responsable de ce qui constitue sa réalité.

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