« Ça a toujours existé » Et..?

Posted on 28 juin 2011

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Image en une: Jay Koelzer

Salut les gens.

Des choses existent depuis longtemps dans ce monde. Mais doivent-elles perdurer?

De nos jours, l’accès à l’information via internet nous permet de voir ce qu’il se trame de par le monde. Dans les deux heures qui ont suivi le tsunami du Japon, les images vidéo de RT (Russia Today) étaient postées sur la toile par Twitter. Les médias officiels n’ont plus le monopole de l’information, n’importe quel quidam qui a un téléphone portable récent peut filmer ce qu’il a sous les yeux. Ces vidéos circulent en un instant de Youtube à Facebook ou Twitter.
Du coup, nous sommes exposés, si on est curieux et que l’on surfe sur internet, à toutes les horreurs, les malheurs du monde. Plus qu’auparavant. L’impression immédiate est qu’il se passe plus de choses dramatiques qu’avant. D’abord on oublie qu’il y a aussi beaucoup d’autres événements réjouissants qui surviennent sur cette planète. Ensuite, on réfléchit un peu, on se renseigne et on découvre que par le passé, les horreurs étaient légion. Les guerres mondiales, l’Inquisition, l’esclavage des Noirs, le massacre des Amérindiens, si tout cela avait été filmé et diffusé en temps quasi-réel sur nos ordinateurs, surfer sur internet aurait été un calvaire. Un flot d’atrocités succédant à un autre.
Donc oui, la cruauté, l’indifférence de l’autre, l’inconscience envers nos actes de barbarie, la folie destructrice des croyances collectives existent depuis longtemps. Peut-être pas depuis toujours, en tout cas depuis que l’humain a un ego, depuis qu’il a peur et défend sa vie.

Ce qui fait dire parfois: « Ça a toujours existé ».

– Mais est-ce pour cela que cela doit être acceptable?
– Parce qu’il y a eu des atrocités, doit-on permettre qu’elles perdurent?
– La violence qu’impose les structures sociales sur ses membres doit-elle être tolérée parce qu’elles sont la norme?
– Doit-on rester indifférent parce que ces événements tragiques nous semblent hors de notre portée, trop grands, trop loin?

C’est à nous de décider, chacun pour soi

En tant qu’individu situé en Suisse, je ne peux pas physiquement stopper une émeute à Rio, Brésil. Je peux par contre observer sans juger. Je peux me sentir touché par la souffrance de ces gens, sans sombrer dans le catastrophisme et le pessimisme. Je peux, quand je rencontre un voisin, lui offrir un regard et un sourire. Je peux lors d’une conversation tempérer des propos jugeants, des paroles blessantes. Je peux écrire aux responsables politiques de ma région, de mon canton, de mon pays, mon souci face à l’état social du monde. Je peux écrire aux médias, écrire un blog, parler autour de moi.

On lit ça et là la formule: « Révolution (ou élévation) de la conscience ». Je pense effectivement qu’une révolution est nécessaire.
Révolution: Changement qui arrive dans les choses du monde, dans les opinions, etc. Prompte, subite, soudaine, heureuse, funeste révolution. Une brusque, une lente révolution.

Changer ou élever notre conscience, c’est s’élever au-dessus de notre mental
pour avoir une vue plus large, hors de notre vision personnelle.
Sortir de notre paradigme.

Paradigme: Représentation du monde, manière de voir les choses, modèle cohérent de pensée, de vision du monde qui repose sur une base définie, sur un système de valeurs.

Toute manière de voir, tout modèle est limitant, il resserre la vision,
limite le champ des possibilités.

L’élévation de la conscience, c’est ça: sortir des modèles pour embrasser la réalité dans son entier, voir tous les possibles potentiels, c’est cesser de juger et d’attribuer des valeurs basées sur des modèles arbitraires et personnels. C’est retrouver sa possibilité de choisir ce que nous voulons dans cette vie.
Ce n’est pas quitter notre individualité, quitter les valeurs qui sont ce que nous croyons être. Nous sommes plus que des systèmes de croyances. Ce que nous appelons « personnalité » n’est pas l’essentiel de ce que nous sommes. Individu signifie d’ailleurs qui ne peut être divisé. Quitter cette vision étroite de ce qu’est l’humain n’est pas quitter notre individualité, au contraire. S’élever et quitter nos modèles de croyance nous ouvre un vaste espace de liberté et n’empêche nullement les goûts individuels de s’exprimer.
Un monde où l’on partage une conscience au service du vivant sera aussi varié et diversifié que l’est le monde actuel.

Ce n’est pas parce que des systèmes existent depuis longtemps qu’ils sont légitimes. Notre devoir d’individu est de les questionner à chaque tournant et de les réajuster pour qu’ils servent avec simplicité et bon sens tout ce qui est vivant, ce qui nous sert à l’être.

Ici, la phase perception suggère qu’elle est une étape entre le monde et la consience. Alors que le but de l’élévation de la conscience est justement d’abolir toute marge entre le monde et nous. Observer sans juger, sans interpréter. L’action elle est réellement une étape qui a la consience comme source et le monde comme champ d’action.