Au sujet des maisons en paille

Posted on 9 juin 2011

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Salut les gens.

L’éco-construction est en vogue. Comme d’autres éco-trucs, ce souci de fabriquer des habitations avec des matériaux naturels nous ramène enfin vers un façon de vivre plus saine, moins cher, à construire soi-même.

Certains projets pourtant oublient un aspect important de la maison: leur forme. Je vois sur internet une foule d’associations d’entrepreneurs de tous niveaux proposer des maisons en paille et terre séchée réalisées à base de bottes de paille. C’est-à-dire une forme cubique aux bords et aux angles droits avec laquelle on crée des murs aux bords et aux angles droits. Comme les maisons de brique. Cette tendance semble trahir le besoin de rester dans le connu ou de la difficulté de sortir de cette zone de confort.

Maison carrée en brique ou paille, est-ce vraiment une maison différente?
Oui, du côté des matériaux ainsi que de l’esprit de fabrication. Maintenant, l’aspect constitue une part importante de ce que dégage un lieu, son atmosphère. Qui n’a pas été saisi par la magie d’une maison de Hobbit dans Le Seigneur des Anneaux? Ou celle des maisons troglodytes en Algérie, Turquie ou en Iran? Comment nous sentons-nous dans une grotte? A part la promiscuité et le noir, n’est-ce pas fascinant de laisser rouler son regard sur les parois, sans qu’aucun angle ne vienne stopper sa délicieuse exploration? On se déplace et les formes changent à l’infini. Les courbes dynamisent l’œil alors que la ligne droite est monotone. L’angle droit est mathématiquement propre mais rude à notre partie sensible alors que la courbe et le creux arrondi carressent nos sens. Les exemples sont multiples: les dômes des édifices religieux, les tentes indiennes, les yourtes mongoles, les huttes africaines, la maison-dôme qui tourne sur elle-même.

On trace une ligne droite
quand on ne sait pas quoi faire de mieux

La matériau est-il plus essentiel que la forme? Il l’est autant. Le matériau respire, assure la qualité de l’air et sa température. La forme elle, se voit, se ressent à chaque instant. La géobiologie explique que la forme matérielle possède une onde de forme que nous ressentons instinctivement. Avancez la pointe d’une baguette en direction de quelqu’un et il se sentira vite gêné. Une poutre aux bords tranchants nous paraîtra plus « agressive » qu’une poutre ronde.

Je pense qu’une maison qui se veut plus proche de nous, organisme vivant composé de cellules et d’eau qui ne sont en rien composés de lignes droites, doit en épouser les caractéristiques. Fluide, souple, équilibré et proportionné, fait de matériaux mélangés.
Donc, au niveau de la forme, une maison faite en bottes de paille est issue du même esprit « mécanique » qui a conçu l’industrie et le monde moderne tel qu’on le connaît. Le mental s’est identifié depuis l’ère mécanique aux formes euclidiennes. C’est-à-dire les formes géométriques régulières. Carré, rectangle, triangle, rond, ovale. C’est ce mode de pensée, cette façon de concevoir les objets qui façonne notre vie faite de machines.

Si nous sommes charmés par des formes « artistiques », les formes irrégulières, c’est tout simplement parce que nous nous y reconnaissons.

L’adoption de la forme droite comme le standard est en fait une question de choix soumis au critère économique. Très vite, le bâtisseur à décidé de faire plus vite, plus rationnel (gain d’espace, alignement régulier), au détriment de la qualité de vie, du plaisir de l’œil.

Un état d’esprit différent ne se trouve pas dans une réflexion. Il se trouve en lâchant tous les préceptes, tous les codes. En partant d’une page blanche en se demandant à chaque étape de la conception: « De quoi ai-je envie? Où ai-je envie d’habiter? Comment former le lieu où je vais vivre? Qu’est-ce qui répond, qu’est-ce qui est le miroir de ce que je suis? »

Une maison comme un nid,
comme une enveloppe,
comme une cellule vivante.

Faite en matériaux végétaux et minéraux. Bois, paille, un peu de terre, quelques cailloux. Des formes tracées à la main. Des poutres dégrossies sans équerre, sans machine, sans scie. Des branches noueuses qui ornent et supportent la charpente, des parterres de dalles tordues, des murs comme creusés à la main d’un géant, comme les courbes d’une toile à demi-tendue, comme le rocher façonné par la rivière.

Là nous sommes vraiment dans une maison. Un prolongement de ce que nous sommes. Une deuxième peau. Qui est comme elle est. Unique et vivante.

Vetsch Architektur, de Düsseldorf construit en Suisse des earth-houses (maisons de terre) dont certaines ont l’esprit maison de Hobbit. La structure à l’air d’être faite de maillage d’acier. Peut-être pas encore parfait mais pour le reste, Peter Vetsch a tout pigé.

The curvy forms of the earth-houses are an ideal synthesis between form and function. The emotional archaic form is an hommage to the natural environment.
Planning should be centered around mankind, making the house his 3rd skin in context with nature.
Les formes courbes de la maisons de terre sont une synthèse idéale entre forme et fonction. La forme archaïque émotionnelle est un hommage à l’environnement naturel.
La planification devrait être centrée autour de l’humain, faisant de la maison de son troisième peau dans le contexte de la nature.

Exemple de construction en bottes de paille:

Werner Schmidt construit des maisons en paille en Suisse nottamment. Maison simple montée en 5 jours.

Superbe maison en paille et branches. Architecture « organique ». 3 mois de travail, 3000 livres sterling et c’est fait. Visitez ce site, il est très intéressant et informatif.

Liste de maisons originales, en tout matériaux, avec liens et images.

Florilège d’images inspirantes:

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