La passion se propage

Posted on 22 février 2011

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Salut les gens.

Le début des manifestations a été déclenché par l’immolation d’un jeune Tunisien, Mohamed Bouazizi, diplômé mais sans travail, le 17 décembre 2010. Voir ici un long article régulièrement mis à jour sur wikipédia. (Photo: Mohamed Bouazizi)

Depuis, les pays du Maghreb se sont mobilisés, fatigués et inspirés par leurs voisin tunisien. La situation de chaque région et de chaque régime politique est différente mais si l’inspiration des uns se propage aux autres, c’est qu’il y a un point commun. Ce point commun est que la population d’un grand nombre de pays ne supporte plus la pression d’un système qui nourrit ceux qui le sont déjà bien assez. Ces peuples veulent vivre, mais doivent lutter sans cesse pour obtenir le minimum vital.
Cette situation ne date pas d’hier. Elle ne s’est pas construite sur une décision machiavélique d’un savant fou. Elle s’est développée par une suite de règles, de lois mises en place, de création d’entreprises et d’un système d’échange de valeurs. Les gouvernements du monde ont suivi le mouvement, croyant participer à ce qui leur permettrai de prospérer. Ce qui fut le cas pour bon nombre d’entre-eux. Quelques pays ont vu apparaître des dictateurs, des dirigeants plus ou moins autoritaires. Ces pays-là sont ceux qui voient en premier leurs citoyens descendre dans la rue pour protester.
Les « conspirationnistes » pensent que tout est organisé dans le but d’établir un gouvernement mondial totalitaire. Théorie qui est souvent facile à discréditer. « Quelle bande de paranoïaques! » dit le bipède bien-pensant. Quelle que soit la vérité, peu importe. Les faits sont là. Peut-être pas pour prouver une hypothèse ou une autre, mais pour démontrer qu’un système, un ensemble de règles et de conventions, un outil virtuel menace la vie d’être humains.
C’est cela qui est intolérable, et ne doit pas être toléré.

Il est probable que cette raison première reste cachée dans la plupart des cas. On manifeste pour des conditions sociales, pour des libertés, mais manifeste-t-on contre le marché économique? J’ai entendu le titre d’un livre aujourd’hui: « Un trader ne meurt jamais ». Toutes ces protestations ont une source unique. C’est elle que nous devons éradiquer.

Depuis quelques jours on trouve sur la toile des nouvelles qui montrent que le mouvement se propage sur d’autres continents. Cette carte recense en vrac des lieux où l’on proteste en soutien aux pays arabes ou contre des coupes dans les budgets sociaux, manque de nourriture, etc…

Si tous ces mouvements ne sont pas de la même nature et de la même ferveur, ils témoignent globalement d’une sacré raz-le-bol. Même s’ils ne débouchent pas tous sur une démocratisation d’un pays ou des réformes radicales, ils donnent une impulsion salvatrice.

Après une démocratisation, ce qui risque d’arriver dans certains cas, un danger menace toujours. Celui de voir l’économie embrasser le pays nouvellement ouvert pour mieux le conquérir. Et le serrer dans ses griffes pour le remettre dans une situation désastreuse. Il est à parier que le gouvernement US va bouger ses pions pour avoir la main mise sur le pétrole du coin et ainsi poursuivre sa « tournée ».

Ces crises nous rappellent que nos gouvernements ont souvent pactisé avec les dictateurs,  économie oblige. Voilà un des vices du système. Il demande de sacrifier des valeurs humaines essentielles pour survivre. Nous avons en Suisse des entreprises comme RUAG qui ont vandu des armes en Arabie Séoudite. Des politiques ont posé tout sourire avec Kadhafi et d’autres sinistres. Les compagnies pétrolières se retirent de Libye, coupant une partie de l’approvisionnement, et donc faisant monter les prix du baril. Tout ça est malsain mais est de mise depuis trop longtemps. Ici un article sur Rue89.

Quand on entend parler de révolution de la conscience, c’est celle qui notamment remettra les valeurs humaines fondamentales au centre de nos décisions, de nos actes et de nos paroles. Cette révolution se passera en nous, sera silencieuse et ne fera pas la une des journaux. Mais des mouvements de foule pour demander le droit de vivre décemment, des démonstrations de solidarité envers ceux qui souffrent sont des actes qui tracent le chemin, qui montrent la route.

Ici un article titré: « De Paris au Caire, ces protestations étendent le pouvoir des individus ».

Ci-dessous, manifestations aux USA en soutien au peuple Libyen.