Si la Terre était grande comme un village

Posted on 18 février 2011

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Salut les gens.

Ce que nous ne voyons pas existe quand-même.
Les gens croient ce qu’ils voient. Ce qu’ils ne voient pas, ils pensent que cela n’existe pas, que cela n’entre pas dans le cadre des possibilités ou ils n’y pensent pas. C’est l’attitude basique de tout citoyen qui ne cherche pas plus loin que ce que leur offre leur réalité. On ne peut pas leur en vouloir, personne n’a envie de lutter au quotidien pour vivre. On veut si possible avoir de quoi manger, se loger et si tout va bien trouver l’amour.

Si l’on ramenait la Terre
à la taille d’un village

Par contre, il suffit de regarder un peu plus loin que le bout de son nez pour s’apercevoir que d’autres gens, des bipèdes en recherche de nourriture, d’un toit et si possible d’un compagnon de voyage, n’arrivent pas à l’obtenir. Il y a donc un problème. Une société dont une partie des règles ne permet pas à tous d’obtenir l’essentiel a un problème. Car si l’humanité est aujourd’hui ce qu’elle est, c’est grâce à son organisation en société. Ou à cause. Car le pire côtoie le meilleur.
Notre société a adopté le marché financier comme système d’échange de valeurs et de biens. Il a fait bien des victimes depuis sa mise en vigueur. Mais parce qu’il existe comme étant le système d’échange de biens, alors on le garde. Même s’il empêche certains de ses acteurs d’accéder au minimum vital. On le voit, il existe, donc on l’accepte.
Le gens disent: « C’est comme ça. » Quand on voit des révoltes ou des famines sur un écran de télévision, c’est douloureux. Nous sentons en nous que ce sont des frères humains qui souffrent. Nous n’aimons pas voir ça. Il suffit d’éteindre. On ne le voit pas et cela sort de notre réalité. Quand on voit dans nos rues une personne allongée parterre, il suffit de détourner le regard pour qu’elle sorte de notre réalité. On ne le voit pas, donc cela n’existe pas.

Mais ce que nous ne voyons pas existe quand-même.
Depuis que le marché financier dicte sa loi, le système qui s’est brodé autour fait obstacle à sa propre évolution, devant sans cesse rendre des comptes au marché. Le marché et ses obligations dirige les décisions, modèle notre réalité selon ses conditions. Les banquiers injectent de l’argent; les traders achètent et vendent; les entreprises doivent produire pour vendre, jouer avec les marges et les prix, pour vendre plus; les gouvernements empruntent pour fournir les services qu’ils doivent honorer, doivent rembourser les dettes de leurs emprunts; les employés doivent trouver un travail pour gagner l’argent pour manger, se loger et ainsi, le système dicte nos pas. Pas directement, mais par tout ces intermédiaires qui composent notre société d’aujourd’hui. Ces intermédiaires rendent le système opaque. Ces étapes que l’on ne voit pas. On ne les voit pas, donc cela n’existe pas.

Si l’on ramenait la Terre
à la taille d’un village
, tous les affamés, les malades et les cadavres gîseraient sous nos fenêtres, dans nos jardins, nous observant de leur yeux lourds de reproche et d’incompréhension. Nous ne pourrions pas détourner le regard. Nous ne pourrions que fermer les yeux.
Ou choisir de regarder. Choisir d’aller voir le chef du village, de lui dire que nous ne voulons plus voir le malheur chez les autres villageois. Que nous voulons qu’il change de stratégie. Qu’il explique que ceux qui ont drainé l’eau et la nourriture à eux doivent les partager, car ils sont responsables des morts qui gîsent tout autour d’eux.

Ce qui n’existe pas encore ne demande seulement qu’on lui laisse une peu de place pour apparaître. Pensez à un geste tout simple comme d’offrir une pièce à la personne à qui il manque de quoi payer son ticket de bus. Avant, il y a un petite détresse, l’embarras d’un individu qui fouille dans ses poches. Après, il y a un sourire, un « merci » et l’individu qui peut rejoindre sa destination. Quand ce n’est pas un toxicomane qui quémande pour se payer sa dose, évidemment. Les deux mondes ont été transformés par un simple geste, une petite attention portée à l’autre. L’un par le don, l’autre par l’accueil. Cela n’existait pas juste avant que cela n’existe.

Les solutions sont nombreuses. Elles sont élaborées depuis des dizaines d’années. Des scientifiques, des sociologues, des spécialistes de tous bords ont imaginé ce qu’il est possible de mettre en place pour permettre à tous de vivre décemment.
Des solutions qui peuvent nous libérer de cette pression constante, de cette peur de ne pas avoir ou de perdre notre place dans la grande machine financière. Prenez l’échange de services. C’est un peu ce qu’il se passe quand une personne qui produit un travail, en retire de l’argent pour ensuite acheter un service ou un bien, fabriqué par une autre personne. On donne son temps au travail (le service rendu) et au bout de la chaîne, on achète un bien ou un service (service reçu). Certains ont imaginé une monnaie dont la valeur est le nombre d’heures de service. On offre 8 heures de service et on a le droit de recevoir 8 h de service, au travers la monnaie-service.
Pour que ces solutions soient mises en pratique, et permettre à l’humanité d’assurer sa longévité, il est impératif de faire sauter les obstacles. Il est possible que les marchés financier se fassent sauter eux-mêmes. L’avenir nous le dira. Mais à plus petite échelle, nous devons nous permettre de choisir.
Choisir de ne plus vouloir ce qui existe encore. Choisir de voir ce qui n’existe pas encore.

Trois exemples parmi d’autres où les forces en place ont étouffé
des inventions révolutionnaires.

Dans les années 1940, un garde-forestier autrichien devenu scientifique et inventeur par passion, Viktor Schauberger (photo) fabrique une génératrice qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Jusqu’à 400%, ce qui est énorme. Cela veut dire que 3/4 de l’énergie produite l’est à partir de zéro, le 1/4 initial étant réinjecté pour perpétuer le mouvement. On rapporte qu’elle serait sortie de ces attaches au sol à cause de l’énergie qu’elle produisait. Comme cela contredit les règles établies de la thermodynamique, il est discrédité par la communauté scientifique. Cela arrive chaque fois qu’un original ose nous montrer une réalité qui n’est pas connue alors. Souvenez-vous de Galilée qui a affirmé que la Terre n’est pas plate. Mais son invention intéresse les nazis qui le forcent à poursuivre ses recherches dans un but militaire. Lors de leur capitulation, ils ont détruit ses travaux. Sûrement pas sans raison. Ensuite, Schauberger s’exile aux USA, continue ses recherches, vend à contrecœur ses brevets à une organisation gouvernementale et de retour en Europe, se donne la mort. Aucun de ses travaux n’a vu le jour. Il ne reste que quelques plans incomplets, faisant dire aux gens que cela n’existe pas.

En 1989, des chercheurs américains découvrent la fusion froide, qui fournit une quantité immense d’énergie sans les dangers du nucléaire. Le nucléaire étant une industrie brassant des quantité astronomiques d’argent, et leur chercheurs dépendants des subsides des Etats, ils font tout pour contrecarrer cette découverte. Comme pour les inventions de Schauberger.
(Photo: Stanley Pons, co-inventeur de la fusion froide)

En 1996, General Motors produit une voiture tout électrique, la EV1 développée par une équipe de jeunes gens passionnés. 225 km d’autonomie et jusqu’à 295 km/h, en silence en sans polluer. Elle enthousiasme tellement ses utilisateurs que la demande explose, bien plus vite que la fabrication. Sentant leur business pétrolier menacé, GM retire progressivement les EV1, avec l’aide de l’administration Bush. Elle seront toutes détruites.
(Photo: un cimetière d’EV1 neuves)