Comment j’ai arrêté la voiture

Posted on 18 février 2011

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Salut les gens.

Je n’ai plus de voiture. Je ne suis pas triste, au contraire. Je me sens plus léger.
Avant d’en avoir une, je n’y voyais que les inconvénients. Assurances et essence à payer, plaques minéralogiques et tout le toutim. J’allais à mon travail à vélo. 4 km 4 fois par jour, avec une chouette montée, par tous les temps. Cela m’a fabriqué des jambes d’enfer. C’est très agréable de sentir une part de soi être solide et stable, répondant quand on la sollicite.
Un jour, j’ai acheté ma première voiture. Comme tout le monde, j’en ai apprécié les avantages. Je payai les assurances, l’essence, les plaques, les réparations impromptues, les pneus et tout le toutim.
Quinze ans plus tard, je vois ma voiture d’alors et me dire que j’en achèterai peut-être une autre et après, basta. Mon souci de l’écologie et le besoin d’être plus libre de mon argent m’ont donné envie de redevenir un cycliste.

Une panne
comme un coup de pouce de la vie

Un jour de juillet, ma voiture m’a offert un grand cadeau: elle est tombée en panne. Grande fumée gris-bleu sortant du pot d’échappement, bruit de mécanique claquante, ce n’était pas anodin. Je regarde ma montre. J’ai le temps de me changer et d’enfourcher mon vélo de course à 40 francs acheté d’occasion. Un excellent vélo. Le lendemain, un garagiste ausculte mon automobile pétaradante. Joint de culasse ou segment de piston. Le grand bazar. Réparation bien plus chère que sa valeur.
Il m’a fallu 15 secondes pour me faire à l’idée que j’étais sans voiture définitivement. J’ai pris ça comme un coup de pouce de la vie, qui me disait que c’était le moment. Une nouvelle vie pouvait commencer.
Abonnement de bus? Non, moins cher pour le nombre de trajets estimés: l’abonnement demi-tarif des CFF. Un rapide calcul me montre que j’économise environ 300 francs par mois. Plus d’assurances, plus d’essence, plus de plaques, plus de réparation, plus de binz pour changer de véhicule, les papiers et tout le toutim. Rien. Je monte dans le bus, je valide mon trajet avec la carte magnétique et 2 francs 50 et 20 minutes plus tard, je suis arrivé à mon travail.
A ce moment, je me rend compte combien la voiture est une charge. Payer tout ce bazar, ces pannes imprévues qui plombent les finances, tout est loin. En réapprenant à utiliser les transports en commun, je découvre avec surprise que cela « structure » mon mental. Devoir organiser un peu mes trajets, contrôler les horaires, demande la petite planification qui en quelque-sorte guide mon attention. A l’inverse de mon mental d’automobiliste qui s’éparpillait en tout sens au gré des possibilités et de la concentration soutenue qu’exige la conduite. La détente d’un parcours en bus ou en train est incomparable. De Lausanne à Genève, j’ai 1 heure de lecture, de repos, de conversation surprise avec un ou une inconnue. Un autre monde.
Donc, oui, je me sens bien sans voiture.
Je dépense moins, je ne pollue presque pas, je roule plus à vélo et à pied. Ma santé me dit merci. Et je remercie la vie.

(Photo: ma dernière voiture, qui s’était déguisée en toile de Jackson Pollock)