Lettre ouverte à Isabelle Falconnier

Posted on 10 février 2011

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Réaction à un article d’Isabelle Falconnier,
rédactrice adjointe à l’Hebdo, qui fut à mes yeux
un bon papier mais plus aujourd’hui, tellement je vois
de soumission au système du capital au point
de diffuser parfois ce qui ressemble à des mensonges.
Elle relate la séparation du tennisman suisse
Stanislas Wawrinka de sa femme,
pour dit-il « se consacrer au tennis. »

« Un salaud. C’est ce qu’il serait, en temps normal.
Un beau gros beauf de macho égoïste… »

(lisez la suite sur le lien ci-dessus ou dans l’article reproduit plus bas pour une compréhension globale de ses propos)

Bonjour.
Dans un précédent article, à cœur ouvert, témoignant de votre sensibilité,
vous écriviez votre souci de garder les hommes de votre vie auprès de vous.
Celui-ci concernant la vie affective de Wawrinka a semble-t-il touché une corde sensible. Ne pas être abandonnée, ne pas voir partir les amis.
Le traiter à demi-mots de salaud est fort. Connaîssons-nous réellement les motivations de cette séparation? La réalité d’une union entre deux êtres n’est-elle pas toujours plus subtile que ce qu’elle paraît? Quand on sait que ce sont parfois des croyances inconscientes ou des émotions enfouies qui régissent nos actes et nos paroles, il est sage de rester hors des jugements et des réactions émotionnelles.
Lorsqu’une femme quitte son mari, un mari sa femme, les causes sont souvent cachées, parfois incomprises par la personne même qui s’en va.
« Je quitte ma femme pour me consacrer au tennis » me semble plus relever d’une phrase malheureuse que de la vérité profonde.
Je suis un homme. J’ai été quitté moi aussi, comme j’ai quitté une fois. Nous faisons toujours le mieux que nous pouvons avec ce que nous avons.
Avec ma sincère considération.
Edward Hitten

Ne partons pas fâchés

Par Isabelle Falconnier – Mis en ligne le 12.01.2011 à 14:57

Le joueur de tennis vaudois Stanislas Wawrinka a donc quitté sa femme Ilham et leur fille moins d’un an après leur mariage, célébré le 12 décembre 2009.

Un jour de septembre, revenant de la Coupe Davis comme Malbrough revient de la guerre, Stan est rentré chez lui, a joué avec son bébé puis a annoncé à sa femme qu’il quittait le domicile familial pour se concentrer sur le tennis.

Trop dur de rentrer à la maison entre chaque tournoi. Trop bruyant, le bébé. Rendez-vous dans cinq ans, après les quelques années de haut niveau qu’il lui reste.

Un salaud. C’est ce qu’il serait, en temps normal. Un beau gros beauf de macho égoïste, devraient clamer les Chiennes de garde vigilantes de tous ordres qui surveillent habituellement la vie médiatique et publique.

Là, rien. Circulez, il n’y a rien à dire. Seuls les journalistes sportifs s’inquiètent: gagnera-t-il ses prochains matchs? Perdra, ou ne perdra pas, ses sponsors? Et lorsque, soulagement, il gagne, et même haut la main, on entend bruisser les sous-entendus: finalement, il a eu raison de quitter cette hystérique de onze ans son aînée qui se répand dans tous les journaux.

On peut lire sur les forums, cette fois sans aucun sous-entendu: «Maintenant qu’il a quitté sa femme et qu’il se consacre entièrement au tennis, ce ne serait pas étonnant de le voir très vite rentrer dans le Top 10!» ou «La tempête médiatique provoquée par ses problèmes conjugaux n’empêche pas Stanislas Wawrinka de pratiquer un très grand tennis.»

Ouf. L’erreur de parcours est réparée, les choses reprennent un cours normal. Oubliés, les gazouillis attendris de Stan dans la presse à la naissance de sa fille, les déclarations si «nouveau père»: «Pour moi, devenir papa est naturel. C’est aussi pour cela qu’on est sur terre.» (24 heures, 12 décembre 2009.)

Parce que tout le monde sait qu’avoir une femme empêche forcément de faire de grandes choses. Maris losers de tous les pays, malpayés de chez nous, sous-sous-chefs dans la boucherie ou aux CFF, fonctionnaires oubliés des promotions, un seul conseil: quittez illico femme et enfants et vous retrouverez votre forme de winner, la place dans le Top 10 qui vous revient de droit. Courage, fuyez.