Le cinéma en 3D: un feu de broussailles

Posted on 4 février 2011

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Salut les gens.

Voici un article sur le blog de Roger Ebert.
Pourquoi la 3D ne fonctionne pas et ne fonctionnera jamais.
Point final.

Il publie une lettre de Walter Munch (photo),
éminent éditeur de son et monteur depuis 40 ans.
Il a reçu un oscar pour son travail sur Apocalypse Now, en 1979.
Avec son bagage, on peut considérer qu’il sait de quoi il parle.
Il commente une projection en 3D.
Vous savez, celle qui a mit le feu aux fréquentations des salles équipées
lors de la sortie d’Avatar.

  • L’image est sombre, en terme de photographie: une ouverture de moins.
  • Les lunettes que l’on doit porter réduisent le champ de vision (d’une certaine façon, compriment l’image) et sont rarement confortables sur 2 heures de projection.
  • Le mouvement horizontal saccade plus tôt qu’en 2D. Pour les personnes qui ont l’œil, observez bien un sujet à l’image lorsque la caméra fait un gauche-droite. A partir d’une certaine vitesse, cela saccade. C’est dû au nombre d’images par secondes, 24 au cinéma. Nombre juste suffisant pour tromper notre œil et lui faire croire que nous voyons du « vrai » mouvement.
  • La 3D fatigue l’œil car il doit sans cesse changer son point de convergence, et c’est le plus grand problème. Les spectateurs doivent fixer leur regard là où est l’écran, c’est une constante inviolable. Mais avec la 3D ils doivent sans cesse se focaliser à 10 m, 50 ou 80 m plus loin, en fonction de la profondeur de l’effet voulu à ce moment là. D’où la nécessité pour notre œil de se focaliser sur une distance et ensuite sur une autre. C’est la première fois que l’œil humain doit le faire en 600 millions d’années d’évolution. Tout organisme avec deux yeux se  focalise et converge toujours  sur un point.
  • Ce travail supplémentaire « surchauffe » le cerveau, ce qui explique chez certains les migraines au bout de 20 minutes.
  • La 3D, par son procédé, nous rappelle que nous sommes à une certaines distance de l’écran, le rendant plus réel, donc nous sommes moins immergé dans l’image. Alors qu’une bonne histoire bien racontée fait ce travail d’immersion naturellement. On se plonge dans une image qui est fluide, qui ne triche pas avec nos yeux.
  • Cette technologie est chère. A produire et à projeter.

La question: combien de temps faudra-t-il de temps au public pour s’en appercevoir et s’en détourner? Ces derniers temps, les films projetés en 3D ne remplissent plus les salles.
Il s’avère que ce procédé a amené des recettes salvatrices pour les salles obscures, mais les inconvénients sont trop lourds à long terme.

Ci-dessous le résumé très succinct d’un article de Ebert qui démontre en 8 points pourquoi la 3D est à proscrire. A lire en entier pour bien saisir cette liste:
1) gaspillage de dimension
2) n’ajoute rien à l’expérience
3) cela nous distraît du sujet vu
4) crée nausée et migraine
5) assombrit l’image
6) solution mercantile pour les fabricants
7) hausse le prix du ticket
8) ne peut imaginer un drame en 3D

Prochain article: le procédé Maxivision, qui a tout pour devenir la vraie nouveauté qui pourrait relancer le spectacle du cinéma.

 

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